samedi 25 janvier 2014

Mike Oldfield Tubular Bells

Etonnant parcours que celui de Mike Oldfield, 

musicien génial qui peina après ses premiers succès à se renouveler

Étonnante histoire que celle de cet album. Je n'avais pas prévu d'en parler "si vite", et le billet de la semaine devait être consacré à un groupe plus actuel, mais sous l'insistance, hier soir, d'un lecteur fidèle qui se reconnaîtra...




Monument décallé des 70s, œuvre d'un (très) jeune gars tourmenté, premier opus prometteur...qui n'aura pas hélas une grande descendance...

Tubular Bells, qui a extrêmement bien résisté à l'épreuve du temps, est une œuvre étonnante à plus d'un titre.

Cette composition, la construction, la structure, donnent le sentiment d'une grande maîtrise et tout laisse à penser qu'il s'agit de l'oeuvre de maturité du compositeur. Pourtant, lorsqu'il commence à composer Tubular Bells, Mike Oldfield a tout juste 17 ans..
Plus étonnant encore, il s'agit de sa première composition, et elle est déjà magistrale. Difficile à croire!!! Mike Oldfield n'a pas su, ensuite, aller au delà et, mis à part les 2 ou 3 albums suivants, sa création ne retrouvera plus le chemin d'un tel sommet.

L'inspiration est évidente, et Mike Oldfiled s'en réclamera, celtique et folk,mais aussi prog rock.
En fait, il semble même que contre toute attente, la force créatrice et le talent du musicien ira decrescendo après ce premier sommet... Il finira même par se parodier lui même en reprenant son chef d'oeuvre au gré de pathétiques TB II, TB III, Amarok...

L'homme est pourtant presque génial, quoi-qu’humainement suffisamment aigri, par exemple pour envoyer bouler son public en concert (20 ans de Tubular Bells à Wembey Arena en 1983 "fermez la et laissez moi faire mon travail" quand le public reprenait le refrain de la chansonnette disco 'Moonlight Shadow', tube du moment que tout le public reprenait en coeur)... Passons.

Non seulement il compose, mais il joue également seul toutes les partitions, tous les instruments sur Tubular Bells. Comme si cela ne suffisait pas,c'est également seul, sur un magnéto bricolé, qu'il enregistre, une à une, toutes les pistes qu' il joue... imaginez le casse-tête de synchro, quand on voit comme c'est difficile de synchroniser 2 guitares avec un moderne Jamman...

Il compose et enregistre Tubular Bells entre 1971 et 73, et en tout cas fait écouter les premières maquettes dès 71... Ce qui éteint la rumeur malveillante lancée ensuite par Christian (Magma) Wander qui prétendra qu'Oldfield a plagié une de ses compo de 1973..

Mais en 73, le style électro acoustique, les longs morceaux (plus de 20 minutes) sans chant, l'absence de batterie et d'instruments électronique fait peur aux maisons de disques.. Celles ci s’apprêtent à refaire le coup de Wiliam "l'homme qui refusa les Beatles"Rowe ...

Ses bandes sous le bras, Oldfield croise, par un de ces coups de pouce dont le destin a le secret, un homme qui va croire en ses chances de succès.. A cette époque, le patron d'une relativement modeste chaîne de magasins de disque (la boutique de Tottenham Court Road, qui en 1982 était le repère où nous allions fouiner en quête de nouveautés) n'avait rien d'un Megastore), cherche à se diversifier et veut créer un label. Richard Branson, patron de Virgin, 'signe' donc Mike Oldfield et son Tubular Bells.. C'est un succès énorme et immédiat, qui contribuera à asseoir la notoriété et la fortune de Richard "Virgin" Branson...

Le Grand John Peel, animateur de radio vedette (culte!) et découvreur de talents pop rock, passera outre les très strictes consignes de sa radio en passant un soir le disque sans coupure, fameux coup de pub et' scandale'retentissant à l'heure des morceaux formatés à 3 minutes et des...

Avant d'être 'la musique de" l'exorciste" (on entend 30sec à la fin du film),Tubular Bells est donc devenu un grand succès, puis un album mythique de la fin des années 70, une référence, un truc à la fois populaire, apprécié du grand public, et reconnu par les spécialistes:

Une de mes amies de ma période Norwich, (Norwich Union, si tu nous regardes...) étudiante en musicologie à l'University or East Anglia, se plaisait des heures durant, à décortiquer l'oeuvre, récitant ainsi ses cours pendant qu'on l'écoutant en buvant de la bière " Listen here...did you get that?? Let's drink another beer". Il faut dire que Norwich comptait à l'époque, outre une université et mon employeur, 1 Pub par jour de l'année et une église par dimanche, disaient les guides, qui ne décomptaient pas les étudiantes en musicologie et les filles au pair, mais ce n'est pas le sujet...

Il est difficile, de dire simplement quelle partie de Tubular Bells on préfère, tant il se dégage non seulement une sentiment de plaisir de la première à la dernière note... Cet album reste pour moi lié, autant que la New Wave, Madness et le brit rock, à mes 2 années britanniques, et particulièrement, me revient le souvenir de ces nombreux trajets en car Norwich-Londres, quand je' descendait'pour des week end dignes de Woodstock dans un Londres merveilleux pour l'amoureux du rock.. Tubular Bells sur une K7 dans le gros radio-k7 Sony porté dans le sac à dos, la route était moins longue...

La longueur des pistes de Tubular Bells nous contraint à n'écouter que la virgule sonore de fin du disque, le clin d'oeil malicieux d'Oldfield posé à la fin du disque, qui semble dire, comme nos profs le disaient eux même avant un oral "I'n no good before a pint of Lager"....

Regardez bien, sur ce morceau pétillant et plein de bonne humeur, combien notre "ami" semble communier avec son public et partager son bonheur d'être là.....