samedi 11 octobre 2014

Madness One step beyond

Hey You, don't watch that, watch this,
this is the heavy heavy monster sound
the nuttiest on the world
So you come along the street
and you're beggining to feel the heat
Well listen Buster, you better start to move your feet
to the Rockanist
rock seady beat of Madness

ONE STEP BEYOND...




Dire que ce 33 tours a compté pour Mon Histoire du Rock est peu dire.

Novembre 1979. Grosse année, 1979 :

AC/DC sort son avant dernier album (Highway to Hell), le suivant, largement encore dû à Bon Scott, ne sera déjà plus pareil.

Pink Floyd sort un remake de Tommy en mode paranoïa-déprime,

Dire Strait sort Sultans of Swings

Mais surtout, Madness, « groupe » de ska-revival, sort One Step Beyond. Cet album, qui fête ses 35 ans (houaou) reste pour moi THE album des 80’s.

J’écris groupe entre parenthèses, parce que c’est pas le genre « guitare basse batterie »… il sont 7. Ça fait du monde…

Les années 80 étant marquées par la mode du synthé, et la presque disparition de la guitare à son profit, Madness contourne le sujet, et la guitare, sans disparaitre totalement ( Chris Foreman) s’éclipse au profit d’un duo piano/saxo, ma foi fort efficace…

Madness, avec d’autres groupes anglais du fameux label ‘two tones’, se démarque donc de la new wave naissante pour faire revivre un style jamaïcain né dans les années 60, le SKA.

Le Ska, c’est un genre de reggae, si on veut. La grosse différence c’est que le Reggae ça endort, le ska, ça réveille plutôt. De la vague Ska, Madness est dès l’origine le groupe le plus pop, le moins « root », tendance qui s’affirmera avec les albums suivants.

The Selecters, The Specials, The Beat, "font" plus "purs", plus "sérieux", plus rasta, aussi. One Step Beyond est cela dit avant tout un album SKA, allez-y sans crainte, et Madness est authentiquement Ska.

Le Ska a son "Bob Marley", c'est "Prince" Buster (le "Hey, listen Buster" de l'intro de One Step Beyond).

One Step Beyon est d'ailleurs une reprise d'un titre de Prince Buster. L'intro en question est aussi reprise d'un titre du même, mais, chose rigolote, d'un autre titre.

L'album fourmille de références à Prince Buster, et, lorsque Madness, en 2004, voudra, se reformer, c'est à ces mêmes sources jamaïcaine que le groupe ira se ressourcer, prenant, un temps, un autre nom (The Dangermen, je recommande l'album) avant d'être certain de replonger pour notre grand bonheur.

Madness donne donc très vite le ton en rendant dès le titre éponyme… Cet instrumental est l’un des deux morceaux de Madness que tout le monde connait (avec Our House, que je n’aime pas beaucoup, trop entendu, au point que les Cranberries…. Mais c’est une autre histoire).

Au point sans doute d’occulter de très nombreux autres titres, et c’est bien triste.

Et triste, c’est exactement ce que la discographie de Madness n’est pas. Nostalgique parfois, mélancolique ici ou là, à mesure que les années et les albums passent.

Mais tâchons de rester concentré sur ce premier album, acheté dès sa sortie et qui ne quittera ma platine que pour être transféré sur une K7, puis remplacé, lorsque le microsillon sera usé, par un cd… Il partage avec Machine Head de Deep Purple et Powerage de AC/DC le privilège d’avoir squatté ma platine disque au point de devenir presque inaudible.

Un de ces albums dans lequel tout est bon, rien n’est à jeter. On pourrait faire une chronique sur chaque titre du 33 tour… ce que je ferai peut-être, après tout !!!

On l’écoutait, j’étais en seconde, au club musique du « bahut », lequel club était « tenu » par deux potes, de terminale, un peu Mods sur les bords. L’un d’eux me fait l’honneur de lire parfois ces pages, et se reconnaitra dans ce vibrant hommage !

Ce disque a aussi beaucoup voyagé de soirée en soirée, et d’un emprunt à l’autre, j’ai bien failli le perdre plusieurs fois.

Comme leurs ainées les Kinks, Madness construira généralement ses morceaux comme des portraits de personnages atypiques, ou de lieux (souvent quartiers de Londres) caractéristiques de la culture populaire britannique. Les Kinks, en leur temps, époque oblige, présentent une vision critique de la société, espérant sans doute participer à son changement. Tout cela n’a plus cours dans les 80’s, on ne changera pas la société par des « protest songs » : on se moque, on déconne, on tourne en dérision.

Et ça donne sur ce magnifique premier album, de petits joyaux comme ‘Bed and Breakfast Man’, ‘In the Middle of The Night’, ‘My Girl’ (qui sera repris en ‘My Boy’s mad at me’ par Tracey Ullman), ‘Tarzan’ Nuts’ (j’en reparlerai) et bien d’autres, que je m’empresserai de connaitre par cœur, au grand bénéfice de mon accent anglais, teinté de sonorités et d’expressions ‘cockney’… L’histoire officielle du rock a tendance à ne retenir que « One Step Beyond » sur cet album : écoutez les autres titres, écoutez ceux cités plus haut : vous m’en direz des nouvelles